Le budget de la ville de Toulouse

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Suite aux propos qui deviendront de plus en plus fréquents de «forte dégradation des finances» de la ville, je me suis replongé dans les budgets de la ville de Toulouse (2012 et 2013 pour l'instant mais je ferais probablement plus tard un bilan de Toulouse sous Mr Cohen). Niveau gestion selon le point Toulouse serait la 11ème ville de France. Pour rappel des graphiques clair sur le sujet sont disponibles.

Une version nettement simplifiée des différents postes du budget de 2012 et de 2013 est disponible >> ICI <<
(en remerciant @megamiyume pour le budget 2012).

Les documents originaux sont disponibles ici pour 2012 et ici pour 2013, merci à la mairie de Toulouse de faire de l'open data !

De plus, la mairie met à la disposition de tous une version simplifiée des objectifs (à quoi correspondent les dépenses) du budget et de la place de Toulouse par rapport aux autres grandes villes de France (2012, 2013) et même les chiffres clefs du budget de 2012, affichant ainsi sa volonté de le rendre compréhensible pour tous les Toulousains.

La séparation en différentes catégories sur le Gdoc a été faite de manière purement arbitraire par moi et elle ne correspond pas à celle de la mairie. En effet la mairie découpe son budget ainsi:

  • "Toulouse, ville solidaire" : l’éducation, la petite enfance, les sports, les loisirs, le lien social, le logement.

En 2012: 292 M€ (soit 40% du budget). En 2013, il est toujours de 292 M€ (soit 38% du budget). Cela doit financer les 221 places de crèches qui doivent voir le jour, pour arriver à 1200 en tout ainsi que le plan exceptionnel de remise à niveau des bâtiments scolaires qui se poursuit (20 M€)

  • "Toulouse, ville créative" : les musées, la musique, le théâtre, la culture scientifique, etc.

En 2012: 168 M€ (soit 23% du budget). En 2013: 176 M€ (soit 23% du budget), soit la même part dans le budget. Je suppose que JL Moudenc se ferait un plaisir d'évoquer ici le dossier de la Machine

  • "Toulouse ville durable" (espace verts, éclairage public, déplacements, citoyenneté, tranquillité et sécurité)

En 2012: 106 M€ (soit 15% du budget). En 2013: 118 M€ (soit 15% du budget), soit la même part dans le budget. Il faut savoir que la police municipale et l’office de la tranquillité coûtent à eux deux 14 M€. Au niveau de l'écologie, les espaces verts mobilisent 7,9 M€ d’investissements et il faut y ajouter la création d'une trentaine de stations vélib supplémentaires pour 5,6 M€ (il y a 2.400 vélos disponibles répartis dans 253 stations actuellement)

  • "Collectivité mobilisée" : services municipaux (véhicules, informatique, immobilier, ressources humaines)

En 2012: 159 M€ (soit 22% du budget) . En 2013: 168 M€ (soit 22% du budget), soit la même part dans le budget. Je précise que 103 postes de fonctionnaire supplémentaires ont été créés au cours de l'exercice 2012.

Au total, le budget de 2012 était 725 M€ et celui de 2013 est de 765 M€.

Maintenant il convient de différencier les dépenses de fonctionnement (568,3 M€ en 2012; 584.6 M€ en 2013 soit +2.9%). L'évolution des dépenses de fonctionnement de la Ville de Toulouse fut en moyenne de + 5,1% entre 2004 et 2007 contre + 4,1% entre 2009 et 2012. Soit un point de moins mais pas de quoi critiquer ou pavaner sur le sujet.

Et celles d’investissement (156.3 M€ en 2012; 180 M€ en 2013 soit + 15%). 180 M€ financés par l'épargne, ou CAF, pour 30,7 M€ et surtout par l’emprunt (109,5 M€). En effet Toulouse en a fini avec la "dette zéro" et commence à emprunter pour financer ses investissements. Ce qui est lié à la nette baisse de la capacité d'autofinancement (CAF, en 2007 la CAF était de 136 M€ avant les dernières élections).

CAF si chère à Mr Trautmann, connu comme le "vrai maire de Toulouse" et ex-DGS de Toulouse depuis Mr Baudis (1984) jusqu’à la victoire de Mr Cohen, de retour sur la liste UMP. Ceci dit, au vu du coût des travaux réalisés la comparaison faite avec la ville de Bordeaux qui a plusieurs années d'avance sur ce sujet ne me parait pas judicieuse.

De plus cette vision de l’investissement n'est pas la bonne vu qu'en fait l’investissent se réparti maintenant en tiers:

  • la ville,
  • le SMTC (Syndicat mixte des transports en commun)
  • et de la communauté urbaine (Toulouse Métropole).

D'ailleurs, pour reprendre les paroles de Joël Carreiras: "la «dette 0» est un mythe ! Si Toulouse n’était pas endettée, le Toulousain l’était, à hauteur de 2 000 euros par tête. La précédente majorité a menti. La dette était transférée, elle n’était pas dans le budget de la ville. Quand l’épargne de Toulouse augmentait de 100 euros, celle du SMTC baissait de 150 euros, ils avaient transféré le mistigri. La dette a donc été logée à Tisséo et son assèchement financier fut programmé pour mieux justifier une future privatisation avec 1.3 milliards d’encours de dette", "Si nous avions continué son œuvre, nous ne ferions peut-être pas d’emprunt à la ville mais Tisséo aurait mis les clefs sous la porte".

Pour information si les propos sont exact, l’emprunt contracté entre 2001 et 2008 a été voté à moitié par chaque camp car la présidence de Tisséo était tournante.

J'en fini avec Mr Carreiras et Tisséo en citant son blog sur le retour de "Monsieur Grass que j'ai connu en qualité de directeur délégué de Veolia Transdev. Plus qu'un avis, je crains que ce soit bien la décision elle-même qui soit prise. Celle d'une sortie du giron public de Tisséo". La dette de Tisséo est actuellement de 1.4 G€ ce qui en fait un des organismes les plus endettés de France comme le dit la Cour des Comptes.

En ce qui concerne les impôts locaux, Toulouse reste dans la moyenne basse:

Selon cette étude (p39) (une version résumée est disponible ici) entre 2007 et 2013, soit une période de six ans, l’évolution moyenne annuelle a été de 2,2 % pour la taxe d’habitation et de 3,5 % pour la taxe foncière (la moyenne nationale est respectivement à 3,2% et à 3,6%) en agrégeant la part de la communauté urbaine et du département. Si on compte uniquement la ville de Toulouse, les progressions moyennes respectives sont de 0,3 % et 0,6 % par an depuis 2008 et il est en 2013, année d'élection, de 0% pour les deux taxes (respectivement 1,6% et 1,8% en agrégeant pour 2012/2013).

Pour revenir à la CAF et au choix de l'emprunt, il ne faut pas mentir ce choix se ressentira fortement sur les impôts locaux mais ... après les élections ou alors par de plus en plus d'emprunt. Surtout si on y ajoute la forte diminution des dotations de l’État. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la formule de "un budget à l'équilibre" pour signaler l'absence de tout excédent et le début du recours à l'emprunt, un budget étant par nature toujours à l'équilibre.

Maintenant que le plus gros du budget est déblayé nous verrons dans les billets suivants le détail des répartitions/postes.
En espérant avoir réussi à être simple et clair.

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