Quantitative Easing (QE)

Le problème lorsque l'on essaie d'expliquer comment marche l'économie aux novices est principalement que cela est très ardu. Tout d'abord parce que cela n'est pas du tout "sexy" (plein de formules mathématiques) et ensuite qu'il faut connaitre au moins les bases pour pouvoir bien expliquer les dits mécanismes même théoriquement.

Et comme la plupart de mes chers concitoyens n'y connaissent strictement rien, il est d'autant plus dur d'essayer d'expliquer les QE. C'est pourtant essentiel, car l'Europe au travers de la BCE (comme la Grande-Bretagne avec la BoE et les USA avec la Fed ainsi que le Japon avec la BoJ, l'ont fait) a choisi d'y avoir massivement recours depuis la crise de 2007.

La parabole de l'aspirine

- Ce que font les USA actuellement -

Voici un extrait de l'émission "Les points sur les i" de BFM business du 26/02/13 d'Olivier Delamarche (vidéos que l'on peut facilement trouver sur youtube par exemple):

Fichier vidéo intégré

Il y dit que les Etats-Unis ont souhaité une fuite en avant pour retarder l'inévitable et ne pas avoir à assainir les marchés, en espérant un "haircut" mondial (ce qui serait équivalent à l'annulation de dettes comme fait en partie pour la Grèce par exemple). C'est important. De même que l’échec de la politique des QE au Japon dans les années 2000.

Commençons par une simple question: Comment relancer une croissance alors qu'elle est nulle voire en récession lorsque l'on est chargé de la politique monétaire ?

En gros il existe deux solutions depuis que la France a rejoint l'Europe:

  • Agir au travers d'achat/vente (manipulation de la masse monétaire au travers d'opérations d'open market, tel que par exemple les opérations principales de refinancement (OPR) ou les LTRO (long term refinancing operation). Les LTRO émis par la BCE de 12 et 36 mois sont d'ailleurs assimilables au QE (juste sans le nommer comme cela). Pour rappel, le système bancaire européen, censé être "sain", a été sauvé de justesse en décembre et janvier 2012 par l'injection de 1000 milliards d'euros, prêtés à 1% sur 3 ans par la Banque Centrale Européenne (BCE), sans oublier le rachat de dettes publiques des « PIIGS » (Portugal, Ireland, Italy, Greece and Spain) sur le marché secondaire.

Ou faire marcher la planche à billet, mais cela les banques centrales nationales ne peuvent plus le faire; seule la BCE peut y avoir recourt (et Draghi ne le souhaite pas). C'est pourquoi le QE a été crée et, même si le mécanisme en lui-même n'a rien à voir, le résultat est sensiblement le même que celui de la planche à billet.

L’assouplissement quantitatif (QE) consiste généralement en une expansion du bilan de la banque centrale au travers de l'acquisition d'actifs qui peuvent être des titres de créances obligataires, ou des actifs plus risqués comme des dettes dites d'agences, ou des titres adossés à des actifs comme des titres hypothécaires. Cela consiste en gros à faire des achats de bons du Trésor (à titre indicatif actuellement la Fed (USA) continue de racheter tous les mois un montant total de 85 milliards de dollars de Treasuries et d’obligations adossées à des créances hypothécaires (MBB)).

Mais la récession qui se prépare en cas d’arrêt fera passer la crise des subprimes pour un simple zéphyr. Avec un PIB négatif aux USA (-0.1%) et en Allemagne (-0.2%): il n'y a pas et n'y aura pas de croissance en dehors des dépenses gouvernementales.

De plus le taux d'inflation pour les années 2013 et 2014, publiées en décembre 2012, s’établissent respectivement à 1,6% et 1,4% pour la zone Euro. C'est pourquoi la plupart des économistes jugent indispensables que l'Etat continue de se substituer aux ménages (qui choisissent l'épargne comme toujours en période de crise). En France malgré la baisse du taux du livret A, celui-ci continue d'avoir un succès qui ne se dément pas.

On peut ajouter qu'il n'y a pas de reprises de l'emploi nulle part (nous somme proche du taux de chômage record en France) et qu'investir dans l'innovation ne permet pas d'obtenir de résultats immédiats. D'ailleurs signe qui ne trompe pas le taux d'intérêt légal 2013 est de 0,04% en France.

L'utilisation de politiques monétaires dites « non conventionnelles » tel que le QE n'est bien entendu pas sans conséquences. Ni même comme dit précédemment une panacée. Il permet juste aux gouvernement peu désireux de ne pas faire les douloureuses réformes que sa situation nécessiterait ainsi qu'éviter de faire une réelle politique de rigueur .

Le problème viendra alors de l'overdose(1) ou de la réalisation des citoyens que rien n'est fait mit à part les prendre pour des idiots.

(1) C'est un documentaire certes alarmiste et parfois erroné (déjà que la présente de Mr. Celente n'inspire pas confiance) mais qui peut donner quelques bases de ce qui c'est passé aux USA

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